Point de vue

Masking : « la conséquence d’un environnement social normatif »

Petite Loutre, autiste diagnostiquée à l'âge adulte, publie sur son blog une tribune dense, documentée et engagée sur le masking, l’autisme invisible et le surdiagnostic.

Accrocheur, le titre interpelle immédiatement : « L'autisme invisible n'existe pas, mais ce n'est pas ce que vous pensez ». Dans ce long billet publié le 26 mai, Petite Loutre répond à plusieurs polémiques qui agitent actuellement les réseaux sociaux.

Sur le masking d'abord, qu'elle replace dans une perspective sociologique large : « Le masking autistique n'est pas un phénomène sorti de TikTok, mais une stratégie d'adaptation sociale développée par des personnes dont les comportements, les réactions, les expressions émotionnelles ou les modes de communication sont perçus comme inadaptés. » Le masking, écrit-elle, est la « conséquence directe d'un environnement social normatif », pas une preuve d'absence de handicap.

Sur l'autisme dit "invisible" ensuite : « Le masking ne rend pas l'autisme invisible. Il modifie la manière dont celui-ci est perçu et interprété. » Sur le surdiagnostic enfin, elle retourne l'argument : « Parler de surdiagnostic d'autisme n'a pas énormément de sens sans analyser qui a les moyens d'accéder au diagnostic. »

Le texte s'appuie notamment sur les travaux d'Erving Goffman, sociologue américain dont les recherches fondatrices sur la stigmatisation et les interactions sociales restent des références majeures en sciences sociales.

Petite Loutre tient depuis plusieurs années ce blog consacré à l'autisme, au handicap et à l'antivalidisme. Son positionnement est clairement affiché : « Une loutre, un clavier, zéro filtre ». Militant, nourri d’expériences vécues et de références académiques, il mérite le détour.

▸ Le billet de blog à lire dans son intégralité : « L’autisme invisible n’existe pas, mais ce n’est pas ce que vous pensez ».

Auteur

Nathalie Grivot